Sunday, December 28, 2008

Samuel Huntigton, eschatologue (1927-2008)

Quelques mots qui collent à la peau de notre auteur:

Clash of Civilizations
9-11 CIA World Order Harvard
Nativism Hispanics

puis

Fukuyama
Edward Said

Il y a aussi scientist mais c'est au choix. Car Edward Said parle surtout de Clash of Ignorance.

Il ne faut pas oublier que les islamistes, et principalement les criminels d'Al Qaida, sont derrière le succès idéologique des thèses de S. Huntington.
Le paradigme étant The West against the rest. Et ce dernier, renforçant l'anti-occidentalisme islamiste.














Sinon, il reste toujours la fameuse Huntington Beach. C'est plus ... pacifique.

(photo: Flickr)



Saturday, December 27, 2008

Bien traiter son esclave


Ce petit post est un ajout au dossier de mon ami Naravas qui nous donne, sur son blog, une évocation de la condition d'esclave dans l'islam.

Je me propose donc de continuer la méditation, avec une citation d'un auteur dont je connais les ouvrages.

L'extrait possède un fort atout: celui de rappeler aux croyants d'islam qu'ils ne sont pas soustraits au devoir de lecture quand ils avancent leur apologétique, toujours assez naïve.

En effet, beaucoup de croyants pensent que l'islam a fait preuve d'un "humanisme" inédit pour l'époque (vous savez, l'argument du progressisme islamique contre la Jahiliya qui s'étend partout et qui n'est qu'une crasse ignorance du monde antique ...)

Que nous dit alors Kenneth James Dover, dès 1974, dans son célèbre Greek Popular Morality in the Time of Plato and Aristotle ?

Eh bien, dans sa réédition vingt ans après, il nous affirme ceci:

Carfeul and solicitious treatment of slaves was probably as common as careful maintenance and handling of a car nowadays, and similarly motivated, but gratitude to a loyal slave was a respectable motive for releasing him or her from slavery.
(Hackett Publishing., p. 286)

En somme, on bichonne son esclave un peu comme sa voiture dans un jardin californien. Et lui rendre sa liberté pour loyauté est une chose respectable.

De quoi s'obliger à lire encore et à regarder au-delà des dunes avant de penser que c'est un statut inspiré d'un ciel divin même s'il est étoilé.

Je reviens


A tous, salut, salam et santé.

Oui, je reviens, après de longues vacances. Un peu au Moyen-Orient (Syrie, Jordanie, Palestine/Israël) et un peu dans les autres endroits de la Méditerranée, dans les contrées dominées par les Francs et les Croisés ;-)

Je reviens aussi avec le Petit Jésus. Mais c'est sous les traits de Santa Claus que, cette fois-ci, je renais (pour une fois donc, imaginez-moi comme étant quelqu'un de sympa !)

Très bonnes fêtes à tous !

Abd El Maakir

Thursday, June 12, 2008

Gouguenheim répond en Express

Les réactions de Gouguy sont rares ou peu nombreuses.

C'est L'Express qui fait l'interface entre les curieux et notre "brillant" chercheur qui a courageusement troquée sa Germanie intellectuelle pour la mirifique "filière grecque" sans payer de Djizya à Tolède ...

Je vous dirai ce que j'en pense après.

Restez sages !

Abd El Maakir

Friday, June 6, 2008

Gouguenheim à l'image de Gozzoli

Médiéval ou médiéviste, le Gouguy ?

Comme c'est curieux: Gouguenheim semble partager la même vision, le même imaginaire et peut-être le même idéal que Gozzoli ! (C'est quand même le 15e siècle. Sacré coup d'oeil en arrière Gouguy !)

Pourquoi faire de la recherche "scientifique" alors qu'il suffit d'aller au musée pour trouver "l'Histoire authentique" de l'Occident, cachée/gâchée par un complot alter-islamo-gauchiste à tendance bio qui frelate diaboliquement "la" vision de notre "Identité" et de notre "civilisation" ?

En fait, Gouguy et ses adeptes inventent la Science Vintage ! Plus on recule en arrière, plus on est conforme aux "vérités premières" des Pères, des cardinaux et des églises et plus c'est vrai !

"Rupture épistémologique" ? - Heu ... pardon ?
Bachelard ? - Connais pas !
On peut désormais faire une historiographie en reculant aux siècles les plus dogmatiques ! Et c'est pas graves si les "nouveautés" de notre chercheur supersonique épousent la forme et le fond des imaginaires les plus idéologiques.

Et maintenant: brûlons les bibliothèques et sauvons les pinacothèques !

Une critique rigoureuse de Gouguenheim (par Max Lejbowicz)

C'est peut-être la critique la plus minutieuse de l'essai de Gouguenheim.
C'est Max Lejbowicz qui la signe dans La revue internationale des livres et des idées.

Portant sur l'usage des sources, cette critique bibliographique des plus exigeantes démontre à quel point le "sérieux" avec lequel on affuble l' "essai" de Gouguy est à prendre avec des pincettes.

Après ça, Roger-Pol Droit peut aller se rhabiller ...

Mais avant, pour vous, et pour vous faire connaitre les travaux de Max Lejbowicz:

1- résumé de sa thèse doctorale

2- article ou recensions de ou sur Maxou dans l'excellentissime revues.org .

J'ai aussi adoré la chute de sa recension : "Le toupet impressionne les amateurs".

Nietzschéen.

(Maxou mon petit: t'as fait fort)

Wednesday, June 4, 2008

Radio Gouguy

Gouguenheim est désormais "audible" sur deux radios (pour l'instant).
C'est pour la présentation (promo ?) de son livre, Les chevaliers teutoniques.

Gouguenheim s'est montré respectable; il a même la voix qui rappelle DSK (Dominique Strauss-Kahn), et sans accent lyonnais (Roger Chartier lui pardonnera-t-il ?)

Le Goff a adressé à Gouguy un compliment tout médiéval: Les chevaliers teutoniques seraient une "somme".

En tout cas, j'ai apprécié les deux émissions et - pourquoi ne pas l'avouer - ai appris des choses en prime (malgré mon âge respectable et mon expérience vénérable).

Il m'est indiscutablement plus facile de faire la promotion radiophonique de Gouguenheim que de faire de la réclame bibliographique pour des auteurs proche de l'extrême droite francophone (française, belge, etc.).
Je dis ça pour Gouguy paskeu ... enfin bon.

Allez:

1) sur Canal Académie.
2) sur France Culture (Les lundis de l'histoire).

Bonne écoute à toutes et à tous !

Abd El Maakir

ps: ah oui ! j'ai pas entendu Gouguy ou Le Goff parler d'art "arabe" concernant la passion pour la fauconnerie chez nos chers Teutoniques ... un oubli peut-être ?

ps 2 : il y avait aussi ça sur France Culture mais c'est fini !

Friday, May 30, 2008

Gouguenheim: un Finkielkraut en historiographie ?

C'est bête.

Mais quand je pense au supposé soutien ou à la caution espérée par certains, qu'un Le Goff accorde(rait) à Gouguenheim, je ne peux m'empêcher de songer à ceux qui voulaient rehausser Finkielkraut en évoquant un compliment que lui avait fait Foucault pour un de ses livres, argument que l'on devait prendre pour argent comptant mais surtout, comme label à vie.

Et l'anecdote est dans le Foucault de Roger-Pol Droit, si ma mémoire est bonne ...

Thursday, May 29, 2008

Byzantium Viewed by the Arabs

Hi everyone,

I offer this book review to all those who are interested in the "Gouguenheim controversy". Must tell you that his book won't travel far beyond the national French boarders (okay, okay: till Switzerland then !).
It would make no sense and the reason is dreadfully simple: France has never been a nourishing land for the Byzantine studies. You can hardly find out a journal or a university review using overtly the item "byzantin(e)s" or "Byzance" in the main title.
Therefore, I raise my cup and toaste to honour the best intellectual Byzantine sanctuary in the West: Dumbarton Oaks ! (help yourself, visit the "publications" then the "online publications" pages)
And now, time to relish the BR !
(Needless to say, you're invited to speak up ;)

Byzantium Viewed by the Arabs.

by Niall Christie

Byzantium Viewed by the Arabs. By NADIA MARIA EL CHEIKH. Harvard Middle Eastern Monographs, vol. 36. Cambridge, Mass.: HARVARD UNIVERSITY PRESS, 2004. Pp. xi + 271. $19.95 (paper).

Byzantium Viewed by the Arabs presents an exploration of the evolution of Muslim views of the Byzantine Empire and its inhabitants from the origins of Islam to the fall of Constantinople to the Ottomans in 1453. It is not a complete, comprehensive study; indeed, El Cheikh herself acknowledges that the themes and topics addressed in the book were for the most part dictated by issues of importance, representativeness and source availability. The importance of the work lies above all in its laying out of important groundwork for future research.

In the introduction El Cheikh provides a survey of the sources before highlighting some of the problems related to the representation of the "other" that may be found in their pages. In particular, the vision that the early Muslim authors presented of the Byzantines was conceived, naturally, through their own cultural and religious beliefs, with the Byzantines being used as a deliberate contrast to the Muslims, enabling the Muslim authors to define aspects of their own culture in terms of how they differed from the Byzantines. Later Muslim writers were influenced by these earlier texts, resulting in a certain stability in the way that the Byzantines were perceived, even though such perceptions were also affected by the writers' own experiences.

The meat of El Sheikh's work consists of four chapters. Chapter one, "The Encounter with Byzantium," addresses the formation of the initial Muslim image of the Byzantines and its evolution up to and in the aftermath of the failed Muslim siege of Constantinople in 99/717. El Cheikh shows that Muslim authors exhibit a fluidity with regard to both the terminology used to refer to the Byzantines and their perception of the origins of the Byzantine race. She then goes on to consider the presentation of the Byzantines in ayas 1-5 of sura 30 (Surat al-Rum) of the Qur'an and the various readings and interpretations of them made by Muslim scholars from the second/eighth to the eighth/fourteenth centuries, before discussing relations between the early Muslim leaders and their Byzantine opponents. One Byzantine leader who receives particular attention is the Emperor Heraclius (r. 610-41), not only because of the controversy that surrounds the letter said to have been sent to the Byzantine emperor by the Prophet but also because the Muslim sources use him to legitimize the authenticity of Islam, presenting him as an ideal ruler who acknowledged the prophethood of Muhammad and nearly converted to the Islamic faith. In this chapter El Cheikh also discusses the impact of Byzantine art and architecture on the Muslim consciousness, before concluding with a study of the failed Muslim sieges of Constantinople and the subsequent development of the capture of the city as a fore-ordained event in Muslim eschatology.

Chapter two, "Confronting Byzantium," examines the rivalry that developed between the Muslim and Byzantine states in the second/eighth and third/ninth centuries. El Cheikh examines the changing depictions of the Byzantine rulers, some hostile, others neutral, in the literature from the period, paying particular attention to the images of those who reigned during the caliphate of Harun al-Rashid (r. 170/786-193/809), demonstrating how the varying depictions reflected the changeable relations that existed between the caliph and the emperors. In this chapter she also assesses other aspects of Byzantine culture as viewed through the eyes of the (often hostile) sources. While they regard the Byzantine state as a potential source of Classical texts, the sources are careful to distinguish the ancient Greeks from the Byzantines, whose adherence to Christianity is often regarded as having led them to neglect ancient Greek wisdom. Muslim accounts of the history of the Byzantine state before the rise of Islam are tinged with anti-Byzantine polemics. Byzantines, while acknowledged as fierce fighters, are viewed as being treacherous, cruel and morally corrupt; and their women are depicted as being beautiful but sexually immoral, presenting a potential source of temptation for Muslim males. As El Cheikh notes, hostile stereotypes abound in the literature, with the depictions being reflective of the prejudices of the authors rather than reality.

In Chapter three, "Islam on the Defensive," El Cheikh considers the changes in Muslim-Byzantine relations that occurred during the third/ninth to fifth/eleventh centuries, during much of which the rulers of Muslim states found themselves faced with Byzantine expansion at their expense. She examines Muslim depictions of Constantinople during this period, giving particular attention to the detailed description of the city made by Harun ibn Yahya, a Muslim who was held captive there in the third/ninth or fourth/tenth century, in order to demonstrate that Muslim confidence in the splendor and prestige of Baghdad led Muslim writers no longer to feel the need to lace their accounts of the imperial city with criticism or polemic. The author also assesses the impact of Byzantine court ceremonial practices on the Muslim consciousness, showing that some provoked derision while others were praised. However, Muslim depictions of the Byzantines become increasingly negative in the face of Byzantine military successes, and the Emperor Nicephorus Phocas (r. 352/963-359/969), as a result of his military successes, is particularly harshly criticized. In a brief discussion at the end of the chapter, El Cheikh comments on the jubilation that followed the Seljuk victory against the Byzantines at Manzikert in 463/1071 and the shift in Muslim attention that followed the arrival in the Muslim world of the Crusaders, and then the Mongols.

Chapter four, "A New Reality: Revisiting Byzantium," discusses the softening of Muslim attitudes towards the Byzantines that accompanied the shift in attention just described. The presence of new enemies seems to have led to a more cordial attitude towards the Byzantines, reflected in both the friendly relations of Muslim and Byzantine rulers and the depiction of the Byzantines in the sources. In the latter case, the more positive aspects of Byzantine culture cited in the earlier sources persist, but the negative depictions of the Byzantine character are for the most part no longer present, with the accusations of immorality now being transferred to the Franks. The immense eschatological value of and admiration for Constantinople remains in the sources, and the conquest of the city in 857/1453 is naturally greeted with rejoicing.

It will have become apparent that El Cheikh's topic-by-topic treatment of her subject is episodic in nature, and it must be admitted that at times one feels that she has combined a number of articles together to construct the parts of the book; indeed, she notes at the beginning that some of the material addressed in the work has been discussed previously by her in articles published elsewhere. However, El Cheikh ends her text with an expertly crafted conclusion in which she neatly sums up her discussion, drawing together the numerous threads she has addressed into a unified account of the development of the Muslim image of the Byzantines through the ages. A bibliography and index follow.

Byzantium Viewed by the Arabs is an excellent book. Using an expansive array of primary sources and secondary works, El Cheikh has created a work that explores a plethora of important issues in the history of Muslim representation of the Byzantine world and its inhabitants. In addition, she has also laid foundations for future research on this important subject. This text should be standard reading for anyone interested in Muslim-Byzantine relations and, given its low price and clear exposition, would also be worth consideration as a textbook for courses on this topic.

NIALL CHRISTIE

UNIVERSITY OF BRITISH COLUMBIA

Publication Information: Article Title: Byzantium Viewed by the Arabs. Contributors: Niall Christie - author. Journal Title: The Journal of the American Oriental Society. Volume: 125. Issue: 1. Publication Year: 2005. Page Number: 107+. COPYRIGHT 2005 American Oriental Society; COPYRIGHT 2006 Gale Group.

Tuesday, May 27, 2008

Meddeb s'exprime sur le cas Gouguenheim

Abdelwahab Meddeb s'est exprimé sur Medi 1 et a tenu a consacrer son "point de vue" (nom de la rubrique) au livre de Gouguenheim.

Les mots sont forts: "Cette thèse de Gouguenheim, scandaleuse en soi, constitue, sans exagérer, une sorte de révisionnisme et de négationnisme" (min. 1:12 -> 1:21).

Meddeb relève que Gouguenheim est directeur du jury d'admission à l'ENS (Lyon) [min 02:28] sachant que le sujet pour cette année est ... l'islam.

Cette fonction fait craindre à l'institution une potentielle réclamation de la part d'un "candidat malheureux" qui pourrait donner une suite juridique à sa non-admission à l'Ecole (min 02:47).

La petite chronique de Meddeb se fait ensuite l'écho d'une heureuse coïncidence: la publication d'Avicenne et la gauche aristotélicienne du célèbre Ernst Bloch.

Nous y reviendrons, bien sûr ;)

Abd El Maakir

Friday, May 23, 2008

Victor Cousin, l'autre "Jacques de Venise"

"Espérons que ces efforts soutenus ne seront pas inutiles à la réhabilitation de la philosophie d'Aristote. Depuis la chute de la scolastique, je suis peut être le seul de mes compatriotes qui ait fait des leçons sur la Métaphysique. Le dernier, je crois, qui l' ait enseignée avec un peu d'éclat, est Ramus (Scholae metaphysicœ, Paris, 1566 )..."

Page 8. Extrait de La métaphysique d'Aristote rapport sur le concours ouvert par l'académie des sciences morales et politiques ; suivi d'un essai de introduction du premier et douzième livres de la Métaphysique De Victor Cousin "

Le livre est disponible sur ce lien, à travers Google Books.

C'est à Victor Cousin que nous sommes le plus certainement redevables quant à la réintroduction de la pensée d'Aristote en France.
C'est une donnée moins fumeuse que celle de Jacques de Venise dont Gouguenheim cherche à faire un sorte de mythe fondateur, quelque chose comme un motor primus.
Mais cela n'empêche pas Gouguenheim de nous servir une histoire à la Carlyle.

Souvenez-vous :
The History of the world is but the biography of great men

Et Gouguy de "découvrir" sont "great man", et au Seuil de vendre ce beau drame ...

Thursday, May 22, 2008

Jacques de Venise (notice du DHGE, 1997)

Alors: la notice ou le livre (de Gouguy) ?

Je vous livre ici un document indispensable pour mieux évaluer les prétentions à la "nouveauté" du Sieur Gouguenheim.


Ce document à été rédigé par R. Aubert, en 1997 (soit 11 ans avant Gouguy !), dans le fameux Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques.

Le contraste est tout simplement saisissant:
  1. d'abord, Jacques de Venise n'a rien d'une "découverte" sensationnelle
  2. y a pas de Saint-Michel qui tienne dans la notice du dictionnaire !
  3. le ton est moins mystique que, disons, "chaînon manquant" ou autre déclaration catégorique (voyez le "probablement" de Aubert, sa problématisation philologique sereine, etc.)
  4. l'importance de Jacques de Venise est en outre bien soulignée (dix générations de philosophes occidentaux utilisèrent la traduction de Jacques pour les Derniers Analytiques).
Avec cette simple notice bio-bibliographique, on peut comprendre ce que le livre de Gouguenheim à de surfait.

Mais moi, on me l'a offert, je n'ai pas eu à payer la vingtaine d'euros pour lire l'onirique essai d'un dépassement historiographique qui n'en est pas un.

Chère, la paraphrase, non ?

Abd El Maakir

Tuesday, May 13, 2008

Le songe de Sylvain Gouguenheim


Le livre cartonne mais l'historien est loin d'emballer. Face aux fadaises, la branlée n'était que juste et nécessaire. Sylvain Gouguenheim, "teutonisé", garde un silence d'agneau après être hardiment sorti du bois de sa germanie intellectuelle.

Sylvain Gouguenheim, fausse terreur de l'an 2000, a outrepassé les bornes du métier. Il a tissé une fiction qui sa corporation se refuse à ingurgiter. Breuvage intellectuel douteux devenu denrée pour soucheux en mal de Walkyries, il m'a semblé prophylactique, a moi, théologien des noms divins, de te livrer ces parchemins, à toi lecteur, à toi lectrice (si si ! j'insiste !), de te laver des mauvaises fibres de cette fausse couche historiographique.

Le "contre-document" nous vient de quelqu'un que nous aimons bien. Gérard Troupeau, tel est le nom du lucide élu que je tiens à vous faire connaitre. C'est en mars de l'an 1991 que fût publié ce texte qui porte le titre inespéré suivant: Le rôle des syriaques dans la transmission et l'exploitation du patrimoine philosophique et scientifique grec.

C'est presque aussi beau qu'un hadith !

La revue qui l'a accueilli ? Arabica. Ne sens-tu pas déjà l'arôme de l'éveil en toi ?

Je vois que tu salives, ô toi mon prochain dans le Savoir ! Soit. Tu seras entendu. Mais avant, laisse-moi te verser un peu de ce vin qui fait tant de bien et laisse-toi prendre par l'émoi d'une connaissance sans reproche ni venin ...

Extraits du texte de G.Troupeau donc:

1. Deux périodes:

Dans de la l'étude de la transmission du patrimoine grec par syriaques, nous distinguerons deux périodes. La première période, antérieure à la conquête arabe, va du Ve au VIIe siècle, et elle est celle du passage grec au syriaque. La seconde période, postérieure à la conquête arabe, va du VIIIe au XIe siècle, et elle est celle du passage du grec au syriaque et à l'arabe, et du syriaque à l'arabe.

2. Grâce aux syriaques (17 ans avant Gouguy !) :

Cet intérêt presque exclusif des syriaques pour la logique d'Aristote, exerça une influence décisive sur le développement de la philosophie chez les Arabes. Car ce ne sont pas les Arabes qui vont choisir Aristote, ce sont les syriaques qui vont le leur imposer, parce qu'ils l'ont déjà traduit en partie, commenté et enseigné dans leurs écoles organisées sur le modèle de celle d'Edesse.

3. Pas tous hellénophones !:

Quant aux savants syriaques du Xe siècle, qui ne connaissait plus le grec, ils se bornaient à traduire du syriaque à l'arabe.

4. Les sources arabes:

Elles confirmaient déjà que la traduction était l'apanage des syriaques (78% des traducteurs), notamment des nestoriens (62%). Chiffres établis par G. Troupeau (pp. 4-5).

5. Le triple rôle des syriaques:

Durant la seconde période, les savants syriaques eurent un triple rôle dans la transmission et l'exploitation du patrimoine grec: un rôle de traducteurs, un rôle de d'abréviateurs et un rôle de commentateurs. (p.4)

6. ... et même un quatrième rôle !

Celui de lexicographe. Ils composèrent de "véritables lexiques", et ce "pour les besoins de l'exégèse et de la grammaire". Les liens syriaque-arabe et arabe-syriaque se formaient pour dénouer les complexités du vocabulaire technique de la philosophie ou de la médecine.


Après un tel article, on se demande juste une chose: comment le livre de Gouguy a-t-il pu être rédigé et surtout, publié ?

C'est sans doute un mystère teutonique que nous, "orientaux", ne pouvons comprendre ...

Saturday, April 26, 2008

L'introduction de l'antisémitisme moderne dans la pensée arabiste


Il s'agit d'un excellent petit livre. Et l'auteur nous livre un panorama des relations que l'on pensait figé et fixé sous le signe de la haine constante ou encore, de l"antisémitisme" (puisqu'il s'agit du 20e siècle aussi).
Or, nous apprenons dans un entretien accordé par Michel Abitbol avec Victor Malka, dans le cadre de sa magnifique émission Maison d'études (sur France culture) que l'antisémitisme moderne a été introduit par la frange intellectuelle des arabes chrétiens.

Curieux retour des choses: occupés à forger le concept de nation arabe et d'arabisme, les intellectuels chrétiens arabes ont laissé glisser dans leur nationalisme un antisémitisme (d'avant Vatican II) qui traduisait leur hostilité au sionisme naissant.

Aujourd'hui, ce sont des cons barbus qui se chargent d'aller au-delà de la révolte légitime: Mein Kampf, devenu pour ces sémites intégristes Kifaahi - est en libre circulation dans certaines librairies et bibliothèques virtuelles ... comme son cousin apocryphe Le Protocole des sages de Sion.

Tristes cons.

Thursday, April 24, 2008

L'Hallucinatoire: l'observatoire des religions en ébullition


Oui, c'est tout un chantier que j'ouvre, une sorte de nerver-ending work.
Je compte répertorier les délires de ma religion et celle du monothéisme (le césaro-papisme que l'on appelle catholicisme, le protestantisme dans sa version beati pauperes US, etc.)

Il y aura de la place aussi pour les autres religions, grandes ou petites, car on est nombreux dans le royaume de la connerie.

Allez, bismika l'aahum ! la chasse à la bêtise divine est ouverte ! Et que l'Homme Nouveau (re) sorte !

Abd el Maakir (Abu Ranaak Ennadjissi)

Monday, April 21, 2008

L'Eglise, le nazisme et le communisme

Une question: pourquoi aucun nazi n'a été excommunié par l'Eglise catholique, contrairement aux communistes ?

Je parle le Meddeb ...


En tant que théo-comique, j'aime beaucoup Meddeb. C'est vrai ! :
  1. Il est beau (Dieu aime la beauté)
  2. il est cultivé (Dieu aime Jack Lang)
  3. et il n'a pas la langue dans sa poche (il n'a pas vécu au temps des califes; la chance ! ...)
Il a un côté "vive l'Amérique !" qui peut désespérer le plus aguerri des exorcistes, doublé d'un démon chevènementien que je peine a extraire, malgré mes coups de babouches répétées sur le fait de son crâne ! (de mon temps, on pouvait tuer un chameau sous cette énergie bénite mais passons ...)

Comme j'aime faire parfois un tour de passe-passe ou deux (en fait, j'ai oublié comment on fait le pluriel ici ...), je me suis dit: ce gentil gars, il parle bien, il défend la Vie face aux semeurs de mort. Mais tu vois, ça n'empêche pas de se fendre la poire de temps en temps !

Alors, attention ! Hommage linguistique !

Dans le désordre, je demande:

Moderghnité: elle vient de Tunis où les femmes des chouyoukh ont courageusement laissé le voile.

Argghticuler: (prolonger bien le gha de chez nous tellement que le passé, eh ben tu vois, il ne cesse de nous rattraper, ta mère, ta soeur et moi, qu'Allah Al Maakir les fasse passer sans visa au Firdaws). C'est auss le contraire de "désarticuler" (attention, j'ai fait du français dans les écoles de traduction d'Al Basra et d'Al Kufa, j't'en prie, r'ham mok !). Voir Déconstruiiiire.

Loeu-loeu-Lala-laaa : déterminant connu sous la graphie française de le et voisin de la phonétique arabe de لا. Sert à s'indigner quand Meddeb sert à détermnier (le+ non) un objet qui fâche sa sakiina républicaine.

Généalogie
: généralement double. Permet (grâce aux papiers) d'être "transfontalier".

Enraciné: généralement dans la Tradition (ou le corpus islamique, que l'on peut argghticuler à la moderghnité). Quand t'as généalogie n'est pas double, eh ben t'es vachement enraciné mon coco !

Circuler: entre les textes, les frontières, les continents ... et les fingers d'aéroport.

Convivance: hispanisme chic pour cohabitation.

Islamisme: maladie de l'islam.

Parkhce que: parce que; connecteur causal.

Parkhticulièrement: particulièrement

Parkhticiper: participer

Mon compatriote ... : Ibn Khaldoun, Al-Nefzaoui, Saint Augustin même ... tous mes amis sont là !

Luxenbergiana: glossaire sur l'oeuvre de Christoph Luxenberg


Il y a un avant et un après Luxenberg. Et pour rendre hommage à cette percée philologique, j'ai décidé de faciliter la circulation de sa pensée, de son travail et de sa méthode.
Un glossaire sera comme un petit dictionnaire: il regroupera les entrées importantes et vous en donnera une explication, voire un morceau venant du livre même.

Vous êtes toutes et tous invité(e)s à y participer !

Sunday, April 20, 2008

La Shoah-phobie: une tendance "journalistique" en Algérie


Shoah-phobie: le mot n'existe pas encore sur Internet mais l'idée et les sentiments qui l'accompagnent existent déjà, malheureusement.

"Circulez: la Shaoh n'a rien à voir (avec nous)" semblent nous dire certains plumitifs qui se prennent pour des penseurs - tenez-vous bien !- "critiques". Celui qui en fait les frais (en marge de l'affront fait à la mémoire de l'Humanité) a pour nom Boualem Sansal.

"Vendu", "pro-sioniste", "traitre", "opportuniste" sont les quelques fleurs que lui adressent avec fraternité des troupes d'écervelés en Algérie, quand ce n'est pas une partie de la presse nationale qui s'en charge, avec la bêtise stylistique qui caractérise les envieux sans culture ni avenir.

Le chorus de médiocrité ânonnant la transcendance des "constantes nationales" arabistes et islamistes a de quoi méduser les plus intrépides et rebuter les moins accoutumés.

Le crime de Sansal ? Avoir fait le lien entre islamisme et nazisme. Mais surtout, d'avoir souillé l'esprit révolutionnaire algérien, montrant qu'un mouvement de libération pouvait s'accommoder de nauséabondes impuretés.

Mais savez-vous quelle est la place du "juif" dans la politique et l'imaginaire de l'Algérie actuelle ? Eh bien, je vous offre un petit tour d'horizon de ce nettoyage mémoriel et linguistique:

  • Il n'y a plus de juifs en Algérie. Ce pays a tout simplement "génocidé" la pluralité religieuse et ethnique, réduisant la diversité millénaire de ce territoire à "arabe" et "musulman"
  • L'Algérie officielle refuse de reconnaitre Israël, contrairement au Maroc, la Mauritanie, la Tunisie ou l'Egypte. L'Algérie a le même esprit sur ce sujet que la Libye de Kadhafi ,infaillible humaniste et violeur de femmes si elles ont le malheur d'être journalistes.
  • L'Algérie officielle offre encore une pédagogie négationniste: cela va de l'absence pure et simple de sensibilisation sur cette énorme tragédie à l'étude des "Protocoles des Sages de Sion" dans les cours et livres d'histoire.
  • L'Algérie cultive aussi le négationnisme par le livre et la peur du Juif par le spectacle: Roger Garaudy est un best-seller, Sigrid Hunke l'est tout aussi et Dieudonné est un héros de la culture (télévisuelle et "française", c'est tout ce qui reste là-bas ...).
  • En Algérie, la parole (sur le sujet) est aux islamistes ... ou aux islamistes au pouvoir (que l'on nomme pudiquement "conservateurs"). Un jour que je passais par une mosquée d'Alger, un jeune pratiquant (l'islamisme tient sa force des éphèbes) me révélait doctement que la Shoah n'existait pas: "C'est ce que les Ulémas pensent sur le sujet".
  • En Algérie, on s'en remet à la parole de Ben-Laden aussi puisqu'il a investi le thème en jouant sur la fadaise atemporalisée du protecteur Musulman (la Shoah aurait été évitée si les juifs étaient sur les terres d'Islam, c'est-à-dire sous domination musulmane ... au lieu d'Israël). Les rares instruits dans ce pays qui ne cesse de péricliter consomment stupidement ce sous-produit du mythe Andalous.
  • En Algérie, le "palestinisme" stérilise l'intelligence. Pourquoi faire mieux que le Fatah ou le Hamas si ces derniers négocient et arrivent parfois à se parler ?
  • En Algérie, comme en Allemagne, les imaginaires vous disent ceci: il est impossible d'être à la fois Juif et Algérien.
  • En Algérie, l'islamisme va tuer encore, jusqu'à l'extermination s'il le faut, mais la population aimera toujours ce bourreau barbu.
  • En Algérie, des millions d'algériens et d'algériennes mourront avec ce trait définitoire: "n'a jamais serré la main à un juif". Les Juif Imaginaire continuera à venir les soirs de Ramadhan, invité par Al Jazeera, sous les habits du Soldat (sharonisé) ou du Colon (goldsteinisé).
En Algérie, il y a des gens qui ne savant RIEN de tout ça (trop pauvres, trop peu instruits); il y a aussi des gens qui refusent ces conneries islamo-fachistes. Quant aux autres, vous savez quoi ? Le vent les emportera ...

Wednesday, April 16, 2008

Où voir les couilles du Seigneur ?


Réponse: à Barcelone
Les balloches divines se laisse méditer au Temple Expiatori de La Sagrada Família.
Merci à Antoni Gaudí pour ce pieux sacrilège.

ps: nous laissons - pour l'instant - entière, la question de savoir à quelle instance théologique appartient God's dick ...

Tuesday, April 15, 2008

L'histoire économique

Il est temps de cesser de plaisanter.

Comment ? Et de quoi s'agit-il ?
Vous voyez tous ces discours "anachroniques" que l'on vous sert, à vous et à moi, à longueur de fil cybernétique, dans toutes les pages tenues par les croyants et les partisans ?
Eh bien il s'agit de cela.

"Pour ou contre la Dhimma" ? Question idiote ! Mais il est bon de quantifier ce que ce statut fait payer au Juif, au Chrétien, à l'Arménien, au Syriaque et au Chaldéen, au Zoroastrien et aussi au Bouddhiste ... sous les Turcs, les Mamelouks ou les Berbères qui assiégèrent la péninsule ibérique.

Pour ceux qui confondent Coran et Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, nous leur disons: nous veillons au grain et vous répondrez au centime de vos "généreuses" allégations.

Et aux racistes qui courent dans les couloirs de l'Histoire, nous leur disons ceci: petit est votre esprit et petit sera votre savoir.

Dorénavant, les questions "théologiques" ou les divagations doctrinales trouveront des résolutions issues de l'histoire économique.

JSTOR, SpringerLink, OxBridge Journals, Blackwell

C'est ma politique: argumenter le maximum possible; donner à lire et à réfléchir; cantonner la Tradition à son statut de fable mortifère; libérer l'esprit et partager l'espoir.

Je liquéfierai la Tradition.

Je m'appuie sur les meilleurs et il en ressortira bien quelque chose !

Et maintenant: place au loisir studieux !

Sunday, April 6, 2008

Ahlan Bikum !

Mes chères sœurs, mes chers frères
(... en Islam et en Humanité),

Amma Ba3d,

Je suis resté bien caché pendant tous ces siècles. Mais me voici, revenu à vous et parmi vous, pour vous conter ce que vous ne savez pas, ce que vous ne savez plus.
Oh ! oui, mon expérience est grande et mon savoir aussi vaste que les océans. Tous pourront y rentrer pour s'y perdre et renaitre, lavé(e)s des absurdités que je vois depuis au moins 10 siècles.

Ami(e)s, toute ma compétence théo-comique est pour vous !

Therefore, I will use the language of the Britons to go far beyond the hills and the oceans !

¡Os hablaré también en la lengua de mis antepasados!

@ très bientôt !

Abd El Maakir, al mad3uu Abu Ranaak Ennadjissi