Saturday, December 27, 2008

Bien traiter son esclave


Ce petit post est un ajout au dossier de mon ami Naravas qui nous donne, sur son blog, une évocation de la condition d'esclave dans l'islam.

Je me propose donc de continuer la méditation, avec une citation d'un auteur dont je connais les ouvrages.

L'extrait possède un fort atout: celui de rappeler aux croyants d'islam qu'ils ne sont pas soustraits au devoir de lecture quand ils avancent leur apologétique, toujours assez naïve.

En effet, beaucoup de croyants pensent que l'islam a fait preuve d'un "humanisme" inédit pour l'époque (vous savez, l'argument du progressisme islamique contre la Jahiliya qui s'étend partout et qui n'est qu'une crasse ignorance du monde antique ...)

Que nous dit alors Kenneth James Dover, dès 1974, dans son célèbre Greek Popular Morality in the Time of Plato and Aristotle ?

Eh bien, dans sa réédition vingt ans après, il nous affirme ceci:

Carfeul and solicitious treatment of slaves was probably as common as careful maintenance and handling of a car nowadays, and similarly motivated, but gratitude to a loyal slave was a respectable motive for releasing him or her from slavery.
(Hackett Publishing., p. 286)

En somme, on bichonne son esclave un peu comme sa voiture dans un jardin californien. Et lui rendre sa liberté pour loyauté est une chose respectable.

De quoi s'obliger à lire encore et à regarder au-delà des dunes avant de penser que c'est un statut inspiré d'un ciel divin même s'il est étoilé.

2 comments:

Anonymous said...

Ca c'est une belle découverte ! Je ne le savais pas. Eh bien, voilà une "spécificité" qui saute au profit d'une continuité du monde antique ;-) Mais bon, les gens pensent que leur Prophète n'a rien a voir avec l'antiquité...

NVS

Abd El Maakir said...

Tout à fait, l'ami.

C'est que pour l'esclavage, deux images dominent :

1/ la plantation de coton ou de sucre en Amérique ou aux Caraïbes.

2/ le contremaitre égyptien qui fouette la population au service du despotique Pharaon.

Tu imagines alors facilement le travail pédagogique qu'il faut faire pour sortir les gens de leur sommeil dogmatique.